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Pas photogénique ? Ce n'est presque jamais votre visage
L'effet miroir, l'instant volé, le téléphone tenu trop près, la lumière du plafond. Voici ce qui vous fait mal paraître en photo, et ce que je fais concrètement pendant une séance pour que ça n'arrive pas.
« Je ne suis pas photogénique. » C'est la phrase que j'entends le plus souvent au moment de la prise de contact, parfois avant même bonjour.
Elle repose presque toujours sur la même chose : des années de photos prises au téléphone, dans de mauvaises conditions, à un mauvais moment. Ce n'est pas un jugement sur votre visage, c'est un jugement sur ces photos-là.
Cet article explique d'où vient cette impression, pourquoi elle n'a presque rien à voir avec vous, et ce que je fais pendant une séance pour la faire disparaître. Si vous cherchez plutôt les réponses aux peurs précises, les mains, le sourire, le regard des autres, elles sont dans l'article sur les sept peurs avant une séance.
Pourquoi vous vous trouvez mal en photo
Cinq causes, et aucune ne concerne la forme de votre visage.
L'effet miroirVous connaissez votre visage par le miroir, c'est-à-dire inversé. Une photographie vous montre à l'endroit, tel que les autres vous voient. Comme aucun visage n'est parfaitement symétrique, cette version vous paraît légèrement fausse, alors que c'est celle que tout votre entourage connaît et apprécie.
L'instant voléUn appareil fige une fraction de seconde. Entre deux expressions, il y a des états intermédiaires : un clignement, une bouche à moitié ouverte, un regard qui glisse. Dans la vie, personne ne les voit. Sur une photo prise au hasard, ce sont eux qui restent.
La déformation de prèsUn téléphone tenu à bout de bras est très près du visage. À cette distance, ce qui est le plus proche de l'objectif grossit : le nez paraît plus fort, le visage plus rond, les oreilles disparaissent. Ce n'est pas votre visage, c'est une question de distance.
La lumière du plafondLa plupart des photos du quotidien sont prises sous un éclairage qui tombe du dessus. Il creuse les yeux, marque les cernes et durcit les traits de tout le monde, sans exception.
L'anticipationQuand on sait qu'on va être photographié, on se prépare, on se crispe, on retient son souffle. Le visage se fige dans une expression qui n'existe jamais spontanément. C'est la cause la plus fréquente, et c'est celle sur laquelle une séance agit le plus.
Ce que ça veut dire
Les quatre premières causes sont techniques : un photographe les supprime par la distance, la lumière et le choix de l'instant. La cinquième est humaine : elle se règle par le temps et la façon de diriger. Aucune ne dépend de votre visage.
La courbe de la gêne
Toutes les séances suivent à peu près le même mouvement. Le connaître à l'avance suffit souvent à le rendre plus rapide.
Illustration de principe pour une séance d'une heure, pas une mesure. Le moment où la courbe descend varie selon les personnes, mais la forme reste la même.
Deux choses à retenir de cette courbe. D'abord, le début est toujours difficile, pour tout le monde, y compris pour les gens très à l'aise dans la vie. Ce n'est pas un signe que la séance va mal se passer, c'est simplement le début.
Ensuite, la courbe remonte à la fin. Une séance trop longue fatigue, et la fatigue se voit sur les visages. C'est pour ça que je préfère arrêter une séance un quart d'heure trop tôt qu'un quart d'heure trop tard.
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Ce que je fais pendant la séance
Pas de recette magique, mais une méthode qui répond directement aux cinq causes de la section 01.
Je donne des actions, pas des poses
« Tenez-vous comme ça » produit une posture raide. « Marchez vers moi », « regardez par la fenêtre puis revenez vers moi », « racontez-moi comment vous vous êtes rencontrés » produisent des gestes et des expressions qui existent vraiment. Le corps sait bouger, il ne sait pas poser.
Je corrige par petites touches
Un menton légèrement avancé, une épaule tournée, un poids porté sur une jambe. Ce sont des ajustements de quelques centimètres, que je montre moi-même plutôt que de les décrire. Ils changent énormément le rendu et ne demandent aucun effort.
Je photographie en continu
C'est la réponse directe à l'instant volé. En déclenchant pendant le mouvement et la conversation, j'obtiens les vraies expressions et j'écarte les intermédiaires au moment du tri. Vous ne verrez jamais les clignements.
Je contrôle la distance et la lumière
Je travaille à une distance qui ne déforme pas le visage, avec une lumière qui vient de côté ou de face, jamais du dessus. Ce sont les deux causes techniques les plus fréquentes du « je suis moche en photo », et elles disparaissent d'emblée.
Je vous montre l'écran tôt
Au bout de quelques minutes, je vous montre une image réussie. C'est souvent le moment où la séance bascule : vous voyez que ça marche, et vous arrêtez de vous surveiller. Les épaules descendent, et ça se voit immédiatement.
Et je parle beaucoup
Pas pour combler le silence, mais parce qu'une personne qui parle ne pense plus à son visage. Une grande partie des meilleures images d'une séance sont prises au milieu d'une phrase, ou juste après un rire.
Ce que je ne dis jamais
Certaines phrases, très courantes, produisent l'inverse de ce qu'elles demandent. Voici celles que j'évite et ce que je dis à la place.
Le quatrième point est le plus important. Beaucoup de personnes arrivent avec une zone de leur corps qu'elles n'aiment pas. Je n'en parle pas, et je n'ai pas besoin que vous m'en parliez. Si vous voulez me dire ce qui vous gêne, je l'entends et j'en tiens compte dans la lumière et les angles, sans commentaire.
Votre bon côté existe
Ce n'est pas une superstition : c'est une conséquence directe de l'asymétrie de tous les visages.
Un visage vu de trois quarts gauche et de trois quarts droit ne donne pas la même impression. Un sourcil un peu plus haut, une raie de cheveux, un sourire qui monte davantage d'un côté. Beaucoup de gens le savent intuitivement, parce qu'ils se placent toujours du même côté sur les photos de groupe.
Comment on le trouve
Si vous le connaissez, dites-le moi au début. Sinon, je fais quelques images des deux côtés dans les premières minutes, je vous les montre, et vous choisissez. Cela prend deux minutes et sert pendant toute la séance.
Ce que vous pouvez m'envoyer avant
- Une ou deux photos de vous que vous aimez
- Une photo que vous détestez, et pourquoi
- Votre côté préféré si vous le connaissez
- Ce qui vous gêne, si vous voulez en parler
Le deuxième point est le plus utile. Une photo que vous détestez m'en dit souvent plus que dix que vous aimez : l'angle, la lumière ou le moment qui ne vous conviennent pas. Je sais alors précisément quoi éviter.
Pour la préparation plus générale, tenues et coiffure notamment, les conseils sont dans l'article sur la préparation d'une séance portrait.
Si ça ne vient vraiment pas
Cela arrive. Rarement, mais cela arrive, et il vaut mieux savoir ce qui se passe dans ce cas.
On change quelque chose, pas vous. Un autre endroit, une autre lumière, une pause, un verre d'eau, quelques pas dehors. Très souvent, ce qui bloquait n'était pas la personne mais la situation, et un changement de décor suffit.
On change qui est présent. Certaines personnes sont plus à l'aise accompagnées, d'autres le sont beaucoup plus seules. Un conjoint qui commente, une amie qui regarde, un parent qui corrige : parfois, demander à quelqu'un d'aller faire un tour transforme la séance.
On s'arrête, et on reprend un autre jour. Si la journée est mauvaise, forcer ne donnera rien de bon. Une séance interrompue et reprise vaut mieux qu'une séance menée jusqu'au bout dans l'inconfort.
Une chose que je vous dois
Si je vois qu'une séance ne vous fait pas de bien, je vous le dis et on en parle. Des images obtenues dans le malaise ne vous plairont pas, et vous n'aurez pas envie de les regarder. Le but n'est pas de produire des photos coûte que coûte, c'est que vous ayez envie de les garder.
Vos questions fréquentes
Parce que le miroir vous montre inversé, et que c'est cette version que vous connaissez. Une photo vous montre à l'endroit, tel que les autres vous voient. Aucun visage n'étant parfaitement symétrique, cette version vous paraît légèrement fausse, alors qu'elle est tout à fait normale pour votre entourage.
L'impression vient presque toujours des conditions des photos du quotidien : téléphone tenu trop près, lumière du plafond, instant pris au hasard, crispation. Quand on supprime ces causes, la différence est considérable.
Quelques minutes à un quart d'heure en général. Le début est difficile pour tout le monde, même pour les personnes très à l'aise dans la vie. C'est pour ça que les premières images ne comptent pas.
Non. Je ne demande pas de poses mais des actions : marcher, regarder ailleurs puis revenir, raconter quelque chose. Les ajustements de posture, je les montre moi-même, et ils sont de quelques centimètres.
Oui. Dites-le moi au début si vous le connaissez. Sinon, je fais quelques images des deux côtés dans les premières minutes et vous choisissez.
Cela dépend de vous. Certaines personnes sont plus détendues avec quelqu'un de proche, d'autres beaucoup plus seules. Si la présence d'un accompagnant vous gêne pendant la séance, on peut lui demander de s'éloigner un moment.
On change quelque chose : le lieu, la lumière, les personnes présentes. Et si la journée est vraiment mauvaise, on s'arrête et on reprend un autre jour. Forcer ne donne jamais de bonnes images.
En résumé
L'impression de ne pas être photogénique vient de cinq causes : l'effet miroir, l'instant volé, la déformation de près, la lumière du plafond et la crispation. Aucune ne tient à votre visage.
Pendant une séance, je donne des actions plutôt que des poses, je corrige par petites touches, je photographie en continu et je vous montre l'écran tôt. Et je ne commente jamais votre corps.
Si vous voulez m'aider, envoyez-moi avant la séance une photo de vous que vous détestez. Elle m'en dira plus que dix que vous aimez.
Dites-moi ce qui vous inquiète, on en parle avant
Un message suffit, sans engagement. Beaucoup d'appréhensions disparaissent simplement parce qu'on les a dites à voix haute avant la séance.
M'écrire Ou lisez les sept peurs avant une séance.