Photographe à Béthune : une place Art déco, des terrils classés, trois façons de poser
Portrait, grossesse ou mariage : Béthune réunit à un quart d'heure d'écart deux patrimoines mondiaux qui ne se ressemblent en rien. La façade colorée d'un côté, le schiste noir de l'autre.
On présente souvent Béthune comme la porte d'entrée du bassin minier. Pour une séance photo, c'est une définition qui tombe juste : la ville ouvre sur deux décors que presque tout oppose.
Au centre, une Grand'Place rebâtie dans les années 1920, aux façades étroites et colorées, dominée par un beffroi inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Tout autour, les terrils et les cités ouvrières du bassin minier, inscrits eux aussi au patrimoine mondial depuis 2012.
Cet article ne revient pas sur la question du déplacement, déjà traitée dans l'article sur Arras et Béthune. Il répond à une autre question : que faire de ces décors pour un portrait, une grossesse ou un mariage ?
Deux patrimoines mondiaux à un quart d'heure
La Grand'Place d'abord. En mai 1918, les bombardements détruisent le centre de Béthune à quatre-vingt-dix pour cent. La reconstruction est confiée à trois architectes, Jacques Alleman, Paul Dégez et Léon Guthmann, qui mêlent l'Art déco venu de Paris et de Bruxelles au style régionaliste, brique rouge et pignons flamands. Ils rebâtissent sur le plan médiéval : les façades restent étroites, parfois à peine plus larges qu'une porte, et chacune porte ses propres ornements, grappes de raisin, coquilles, soleils.
Au milieu, le beffroi. Une tour de trente-trois mètres, rebâtie en grès à partir de 1388, qui abrite un carillon de trente-cinq cloches et figure parmi les beffrois de Belgique et de France inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Le bassin minier ensuite. Le 30 juin 2012, l'UNESCO inscrit le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais au patrimoine mondial comme paysage culturel évolutif et vivant. L'ensemble compte trois cent cinquante-trois éléments, dont cent vingt-quatre cités minières et cinquante et un terrils. Autour de Béthune, il se lit partout : les cités alignées au pied des terrils, les chevalements, les pentes sombres reconquises par la végétation.
Ce que ça change pour vos images
Peu de villes offrent deux ambiances aussi contrastées sans longue route entre elles. Le matin, des façades chaleureuses et ornées ; en fin de journée, une pente noire et un horizon immense. Une même séance peut raconter les deux.
Le bassin minier comme décor
On pense rarement au bassin minier pour une séance. C'est pourtant l'un des décors les plus singuliers du Nord, à condition de le traiter avec respect : ce sont des lieux de mémoire ouvrière avant d'être des arrière-plans.
Les terrilsDes collines de schiste nées de l'exploitation, aujourd'hui couvertes de bouleaux et de pelouses sèches par endroits. Leur sol sombre fait ressortir les tenues claires, et leur sommet offre un horizon que le plat pays ne donne nulle part ailleurs. À Haillicourt, des sentiers balisés partent du pied des terrils.
Les cités minièresDes rangées de maisons de brique identiques, les corons, qui composent des perspectives très graphiques. La Cité des Électriciens à Bruay-la-Buissière, bâtie entre 1856 et 1861, est la plus ancienne cité minière préservée du Nord de la France ; elle a rouvert au public en 2019 avec ses jardins et ses vergers.
Les chevalementsLes tours d'extraction qui marquaient chaque puits. Elles donnent une échelle et une verticalité qui contrastent avec la douceur d'un portrait.
À vérifier avant d'y aller
Beaucoup de terrils sont devenus des espaces naturels protégés : on reste sur les sentiers, on ne cueille rien et on ne laisse aucune trace. Certains sites sont gérés, avec leurs horaires et leurs règles. Pour une séance à la Cité des Électriciens ou sur un terril aménagé, on se renseigne auprès du gestionnaire avant de fixer la date.
Le terril et l'heure
Sur une pente sombre et dégagée, l'heure décide de tout. Faites glisser le curseur pour voir quel flanc s'éclaire et ce que cela donne en photo.
Terril schématique, vu du nord vers le sud. L'orientation réelle varie d'un terril à l'autre : elle se vérifie au repérage.
Le portrait sur la Grand'Place
Pour un portrait, personnel ou professionnel, la Grand'Place offre ce que peu de décors urbains réunissent : de la couleur, du détail et de l'unité. Chaque façade est différente, mais toutes appartiennent à la même époque.
Jouer avec les façades étroites
Une façade de quelques mètres de large se cadre en entier derrière une personne : elle devient un fond complet, presque un décor de studio en plein air. La Maison du Grain, au numéro 20, n'est guère plus large qu'un vélo. Les ornements Art déco, géométriques ou floraux, apportent du relief sans voler la vedette au visage.
Choisir le bon moment
Une grande place est très exposée. Le matin, elle est calme et la lumière rase les façades ; l'après-midi, on cherche le côté à l'ombre, face à un mur éclairé qui renvoie une lumière chaude. Le grand marché se tient le lundi : ce jour-là, on photographie ailleurs.
Pour un portrait professionnel où seul le visage compte, le studio de Villeneuve-d'Ascq reste souvent plus simple : lumière maîtrisée, aucun passant, aucun aléa. Le déroulé est présenté dans l'article sur le studio.
La séance de grossesse dans le bassin minier
Il y a quelque chose de très juste dans une séance de grossesse au pied d'un terril : une vie qui commence devant un paysage qui a su renaître. Beaucoup de familles de la région ont aussi un grand-père ou une arrière-grand-mère qui a vécu de la mine. L'image prend alors une profondeur que n'offre aucun autre décor.
Une grossesse impose cependant ses règles. On ne grimpe pas une pente raide pour une photo, et le confort passe avant l'image. Voici comment on organise la séance :
- Rester au pied du terril ou sur les sentiers en pente douce
- Choisir le matin ou la fin de journée en été, jamais le plein midi
- Porter des chaussures plates pour marcher, et changer sur place
- Préférer une robe claire et fluide, qui ressort sur le sol sombre
- Prévoir de l'eau et un endroit pour s'asseoir
- Garder une séance courte, avec des pauses
En hiver, le studio
Le bassin minier est exposé au vent et le froid y est vif. D'octobre à mars, une séance de grossesse se fait bien plus sereinement au studio, dans une pièce chauffée. Une courte série dehors reste possible si la lumière et la météo le permettent, comme le détaille l'article sur la météo.
Se marier à Béthune
La mairie est sur la Grand'Place, et son intérieur est de style Art déco. La sortie se fait donc face au beffroi, au milieu des façades colorées. Peu de villes offrent une telle entrée en matière.
Une sortie de mairie au beffroiOn place le cortège pour que la tour apparaisse derrière les mariés, à hauteur normale : une contre-plongée écrase les visages. Quelques minutes de marge sur le planning suffisent.
Une séance de couple sur un terrilEn fin de journée, pendant le vin d'honneur, vingt minutes sur un terril proche du lieu de réception donnent des images qu'aucun jardin ne reproduit. On repère l'accès et le flanc éclairé à l'avance.
Deux décors, pas plusGrand'Place et terril, ou Grand'Place et lieu de réception. Chaque trajet supplémentaire se paie en images perdues.
Le déroulé du civilHoraires, placement dans la salle, sortie : les principes sont détaillés dans l'article sur le mariage civil, et ils valent pour toutes les mairies du Nord.
Pour le choix du lieu de réception, la grille de l'article sur les salles de réception dans le Nord aide à évaluer la lumière et le repli en cas de pluie. Si la fête a lieu dans une ferme de l'Artois, les conseils propres à ces lieux sont dans l'article sur le mariage champêtre. Et pour la lumière du Nord en général, tout est dans l'article sur la lumière.
Vos questions fréquentes
Deux décors se complètent : la Grand'Place et ses façades Art déco autour du beffroi pour l'architecture et la couleur, et les terrils et cités du bassin minier alentour pour l'espace, l'horizon et l'histoire.
Oui, sur les terrils ouverts au public, en restant sur les sentiers et en respectant ces espaces souvent protégés. Pour un site géré ou un projet plus lourd, on se renseigne auprès du gestionnaire avant de fixer la date.
Oui, à condition de rester au pied ou sur des sentiers en pente douce, d'éviter la chaleur de midi et de garder une séance courte avec des pauses. En hiver, le studio est plus confortable.
La fin d'après-midi et l'heure dorée, quand la lumière rasante dessine le relief. Le plein midi est à éviter : sur un sol sombre, le contraste devient trop dur.
Le lundi, jour du grand marché, et en plein après-midi d'été, quand la place est très exposée. Le matin et la fin de journée sont plus calmes et plus doux.
Oui, pour un mariage ou une séance en extérieur dans le bassin minier. Pour un portrait professionnel classique ou une grossesse en hiver, le studio de Villeneuve-d'Ascq reste souvent le meilleur choix.
En résumé
Béthune offre deux patrimoines mondiaux à un quart d'heure l'un de l'autre : une Grand'Place Art déco dominée par son beffroi, et les terrils et cités du bassin minier. Le premier convient au portrait et à la sortie de mairie, le second à la grossesse et à la séance de couple.
Il suffit de caler l'heure sur la lumière, d'éviter le lundi sur la place, de rester sur les sentiers des terrils et de choisir le studio quand le froid ou l'objectif l'imposent.
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