Séance photo de grossesse dans la métropole lilloise
Grossesse · Après une perte

Une séance après une fausse couche : ce que certaines y cherchent

Sans injonction, sans formule toute faite. Les raisons que j'entends, celles de refuser, et comment une séance s'adapte quand la grossesse est anxieuse.

Par Fanny Daquin 8 min de lecture Mis à jour en 2026

Une grossesse qui suit une perte ne se vit pas comme les autres. L'attente y est mêlée d'inquiétude, et l'idée de faire des photos peut sembler tantôt évidente, tantôt prématurée.

Cet article ne dira pas ce qu'il faut faire. Il rassemble ce que des femmes m'ont dit, dans un sens comme dans l'autre, et détaille ce qui change concrètement quand on organise une séance dans ce contexte.

Si vous êtes dans cette situation, prenez ce qui vous parle et laissez le reste.

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Ce que cet article n'est pas

Autant poser le cadre tout de suite, parce que ce sujet attire beaucoup de textes mal écrits.

Ce n'est pas une incitation à célébrer. Le mot revient souvent à propos de ces grossesses, et il ne convient pas à tout le monde. Certaines femmes ne ressentent aucune envie de célébrer quoi que ce soit, et c'est une position parfaitement tenable.

Ce n'est pas un discours sur le sens. Vous ne lirez pas ici que tout arrive pour une raison, ni aucune formule de ce genre. Ces phrases blessent bien plus qu'elles ne consolent, et elles n'ont aucune place dans un texte écrit par une photographe.

Ce n'est pas une promesse. Une séance photo ne répare rien, ne referme rien, et ne remplace aucun accompagnement. Elle produit des images, et c'est tout ce qu'elle peut prétendre faire.

Ce qui suit est donc descriptif plutôt que prescriptif : voici ce que j'observe, voici comment cela s'organise, et vous décidez.

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Les raisons que j'entends

Quand des femmes me parlent de ce contexte, plusieurs motivations reviennent. Aucune n'est plus légitime qu'une autre, et certaines se contredisent.

Parce que la grossesse précédente n'a laissé aucune trace

C'est celle que j'entends le plus souvent. Une perte survient fréquemment avant qu'on ait pensé à faire des images, et il ne reste parfois rien de visuel de cette période. Pour certaines, cela devient une raison de ne pas attendre cette fois.

Parce que le corps a été un champ de bataille

Examens, interventions, attente de résultats. Certaines femmes me disent avoir eu pendant des mois un rapport très médicalisé à leur propre corps, et vouloir en garder une image qui ne soit pas celle-là.

Parce que l'anxiété rend chaque semaine précieuse

Une grossesse qui suit une perte s'accompagne souvent d'une vigilance permanente. Plusieurs femmes m'ont dit avoir voulu fixer un moment précis, sans savoir ce que la suite donnerait. Ce n'est pas de la superstition : c'est une façon de reprendre un peu de prise.

Parce que le conjoint le demande

Cela arrive aussi, et c'est un cas particulier. Un deuxième parent qui a vécu la même perte sans que personne ne lui demande comment il va peut avoir besoin, lui, de marquer cette grossesse. À discuter ensemble plutôt qu'à subir.

Ce que je ne demande jamais

Je ne pose aucune question sur votre parcours médical, sur ce qui s'est passé, ni sur le nombre de fois. Si vous voulez en parler, je vous écoute. Si vous préférez que ce ne soit jamais évoqué, dites-le en une phrase et le sujet n'existera pas.

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Et les raisons de ne pas le faire

Elles existent, elles sont bonnes, et elles méritent autant de place que les précédentes.

Parce que vous n'en avez pas envie. C'est une raison suffisante et elle n'a pas à être argumentée. Le fait qu'une séance soit possible ne la rend pas souhaitable.

Parce que vous ne voulez rien anticiper. Certaines femmes préfèrent ne rien projeter avant la naissance. C'est une façon de se protéger qui leur appartient, et personne n'est fondé à la juger prématurée ou excessive.

Parce que vous ne supportez pas votre image en ce moment. Une grossesse anxieuse se vit dans un corps qu'on surveille plus qu'on ne l'habite. S'exposer devant un objectif peut être la dernière chose dont vous ayez envie.

Parce que ce n'est pas le bon moment. Et il n'y en aura peut-être pas. Ne pas faire de séance de grossesse n'est pas un manque, ni une occasion ratée : c'est un choix parmi d'autres.

Une chose à savoir si vous hésitez

Il n'y a aucune urgence à décider. Vous pouvez prendre contact sans engagement, poser vos questions, et renoncer ensuite sans avoir à vous justifier. C'est une demande que je reçois régulièrement et qui ne pose aucun problème.

Séance de grossesse dans la métropole lilloise
Il n'y a pas de bonne façon de traverser cela.
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La peur de célébrer trop tôt

C'est le frein que j'entends le plus, et il se formule presque toujours de la même façon : l'impression qu'en se réjouissant, on prendrait un risque.

Cette pensée est extrêmement répandue après une perte, et elle n'a rien d'irrationnel dans son origine. Elle relève d'un mécanisme de protection compréhensible, et elle ne se raisonne pas par des arguments.

Je ne vais donc pas essayer de vous en dissuader. Ce que je peux dire, en revanche, c'est ce qui se passe concrètement dans ce cas.

Les arrangements possibles

  • Décaler la séance le plus tard possible dans la fenêtre
  • Attendre une échographie qui vous rassure avant de fixer la date
  • Réserver sans date ferme, à caler au dernier moment
  • Faire les images sans les montrer à personne dans l'immédiat
  • Ne les regarder que plus tard, quand vous le déciderez
  • Annuler à tout moment, sans explication

L'avant-dernier point mérite d'être souligné. Des images peuvent exister sans être regardées. Elles attendent, et vous décidez plus tard si vous voulez les voir, quand, et avec qui. Plusieurs femmes ont fait ce choix, et certaines n'ont ouvert leur galerie qu'après la naissance.

Sur l'annulation

Si quelque chose survient, la séance est annulée sans un mot de plus et sans que vous ayez à expliquer quoi que ce soit. C'est une éventualité que je prévois d'emblée dans ces situations, précisément pour que vous n'ayez pas à y penser.

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Ce qui change dans l'organisation

Techniquement, une séance reste une séance : même fenêtre autour de sept mois, mêmes tenues, mêmes principes. Ce qui s'adapte, c'est le cadre autour.

Le lieu. Le domicile est souvent préféré dans ce contexte, parce qu'on peut s'arrêter, s'asseoir, pleurer si ça vient, sans être dans un lieu qui n'est pas le sien. Le sujet est développé dans l'article sur la séance à domicile.

La durée. Plus courte si vous le souhaitez. Quarante minutes suffisent largement, et il vaut mieux une séance brève et supportable qu'une heure à tenir.

Le rythme. Aucune contrainte de programme. Si vous avez besoin d'une pause, on s'arrête. Si vous voulez arrêter complètement au bout de vingt minutes, on arrête et on garde ce qu'on a.

La livraison. Les images peuvent vous être transmises sans que vous ayez à les regarder tout de suite, et sans aucune relance de ma part. Vous ouvrez quand vous voulez.

La publication. Rien n'est jamais publié sans accord, et c'est encore plus vrai ici. Dites simplement non, et la question est close définitivement.

Une précision utile

Si votre grossesse fait l'objet d'un suivi particulier, avec des recommandations sur le repos ou la position, dites-le simplement. Je n'ai besoin d'aucun détail médical : savoir ce que vous ne devez pas faire suffit à organiser la séance autour.

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Évoquer celui qui n'est pas là

Certaines familles souhaitent qu'une trace de l'enfant perdu figure dans les images. D'autres non. Les deux se respectent, et la question ne se pose que si vous la posez vous-même.

Si vous le souhaitez

Cela se fait très discrètement et sans mise en scène. Un objet qui compte, tenu dans une main ou posé quelque part. Un bijou. Un prénom écrit. Une fleur. Quelque chose qui ne se remarque que si l'on sait.

L'image reste alors lisible pour tout le monde comme une photographie de grossesse, et elle porte pour vous une seconde couche que vous êtes seule à voir. C'est généralement ce qui convient le mieux.

Si vous ne le souhaitez pas

Alors on n'en parle pas, et cela ne signifie rien. Ne pas vouloir d'évocation n'est ni un oubli, ni un manque de fidélité, ni une étape à franchir. C'est simplement une façon de faire les choses.

Sur l'accompagnement

Je suis photographe, et ancienne travailleuse sociale, ce qui ne fait de moi ni une thérapeute ni une spécialiste du deuil périnatal. Si vous traversez une période difficile, des professionnels et des associations sont formés pour cela et peuvent vous accompagner bien mieux qu'une séance photo. Votre sage-femme ou votre médecin pourra vous orienter.

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Les mots de l'entourage

Cette partie ne concerne pas la photographie. Elle est là parce que c'est le sujet qui revient le plus souvent dans les conversations, et parce qu'elle peut être utile à transmettre à quelqu'un.

Ce qui blesse Ce qui aide
Tout arrive pour une raison.
Je suis désolé. Je ne sais pas quoi dire.
Au moins, tu sais que tu peux tomber enceinte.
Ce que tu traverses est difficile.
C'était tôt, ça arrive souvent.
Tu peux m'en parler quand tu veux, ou pas.
Il faut positiver pour le prochain.
Tu as le droit d'avoir peur cette fois.
Tu devrais moins y penser.
Je suis là si tu as besoin de quoi que ce soit.
Alors, ça y est, tu es rassurée maintenant ?
Comment tu te sens aujourd'hui ?

Le point commun de la colonne de droite : elle ne cherche pas à réparer ni à relativiser. Elle constate et elle reste disponible.

La plupart des phrases de gauche sont dites avec de bonnes intentions par des gens qui veulent aider. C'est précisément pour cela qu'il est utile de les nommer : personne ne les emploie pour blesser.

Et si vous êtes du côté de l'entourage, la phrase la plus sûre reste celle qui admet qu'on ne sait pas quoi dire. Elle est infiniment mieux reçue qu'une consolation maladroite.

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Vos questions

Rien ne l'impose, et beaucoup de femmes préfèrent attendre un examen qui les rassure avant de fixer une date. On peut aussi réserver sans date ferme et caler la séance au dernier moment.

Oui, sans un mot de plus et sans avoir à expliquer quoi que ce soit. C'est une éventualité prévue d'emblée dans ces situations, précisément pour que vous n'ayez pas à y penser.

Absolument pas. Je ne pose aucune question sur votre parcours. Si vous préférez que le sujet ne soit jamais évoqué, une phrase suffit et il n'existera pas.

Oui. Elles peuvent vous être transmises et attendre, sans aucune relance. Vous les ouvrez quand vous le décidez, y compris après la naissance si c'est ce qui vous convient.

Si vous le souhaitez, discrètement : un objet, un bijou, une fleur, quelque chose qui ne se remarque que si l'on sait. Et si vous ne le souhaitez pas, cela ne signifie rien du tout.

C'est votre droit à n'importe quel moment, y compris pendant la séance. On s'arrête et on garde ce qui a été fait, ou rien du tout si c'est ce que vous préférez.

Pour finir

Il n'y a pas de bonne décision ici, seulement la vôtre. Faire une séance ne prouve rien, ne pas en faire non plus.

Si vous hésitez, sachez qu'il existe beaucoup d'arrangements possibles : décaler, réserver sans date, faire les images sans les regarder, annuler sans explication. Rien n'est figé.

Et si vous préférez laisser cela de côté, c'est une réponse complète en elle-même.

Vous pouvez poser vos questions sans vous engager

Un message pour comprendre comment ça se passerait, sans date et sans suite obligatoire. C'est une demande fréquente et elle ne pose aucun problème.

Écrire un message Ou lisez le déroulé d'une séance grossesse.
Fanny Daquin, photographe à Villeneuve-d'Ascq
L'autrice

Fanny Daquin

Photographe grossesse, naissance, famille et mariage à Villeneuve-d'Ascq, dans la métropole lilloise. Lauréate Portraitiste de France 2025 et ancienne travailleuse sociale. J'ai gardé de ce métier l'écoute et le lien humain. En savoir plus