Pourquoi s'offrir une séance portrait ?
Regardez vos photos des dix dernières années. Combien y en a-t-il de vous, vraiment de vous, prises correctement ?
Faites l'exercice, il prend deux minutes. Remontez votre pellicule photo et cherchez une image de vous que vous aimez vraiment. Pas un selfie, pas une photo de groupe où vous êtes au troisième rang. Une vraie photo de vous.
La plupart des femmes que je reçois au studio ne trouvent rien. Elles ont des milliers de photos de leurs enfants, de leurs vacances, de leur chien, de leurs plats. Et pratiquement rien d'elles.
Ce n'est pas un hasard, et ce n'est pas un défaut personnel. Il y a des raisons à cela, et il y a de bonnes raisons d'y remédier. Cet article parle de ça.
Les absentes des albums de famille
Il y a un phénomène que tous les photographes constatent et dont on parle peu. Dans une famille, c'est très souvent la mère qui prend les photos. Les anniversaires, les vacances, la rentrée, les premiers pas. Elle est derrière l'appareil, donc elle n'est jamais devant.
Le résultat se voit vingt ans plus tard, quand on ouvre les albums. Les enfants sont partout. Le père apparaît régulièrement. Et la mère, celle qui a construit toute cette mémoire, figure sur trois images floues prises par quelqu'un d'autre.
Ce n'est pas qu'une question de vanité. Ces photos ne sont pas seulement pour vous. Elles sont aussi pour vos enfants, qui voudront un jour voir à quoi vous ressembliez à cet âge, avec cette coupe, ce regard. C'est ce qu'ils chercheront, et il vaut mieux que quelque chose existe.
Et cela ne concerne pas que les mères. Beaucoup de femmes, avec ou sans enfants, réalisent la même chose : elles ont documenté la vie de tout le monde sauf la leur.
Une question que je pose souvent
Si vous deviez choisir aujourd'hui une photo de vous à encadrer, laquelle prendriez-vous ? Quand la réponse est un silence gêné, c'est généralement le signe qu'il est temps.
Les phrases qu'on se dit pour repousser
Je les entends toutes, presque mot pour mot, depuis des années. Elles méritent des réponses honnêtes plutôt qu'un encouragement de façade.
Je ne suis pas photogénique.
C'est la phrase que j'entends le plus, et elle repose sur un malentendu. Vous vous jugez sur des selfies pris à bout de bras et des photos volées sous un plafonnier. Personne n'est photogénique dans ces conditions. Être bien photographiée est une question de lumière et de direction, pas de nature.
J'attends d'avoir changé quelque chose.
C'est la raison numéro un des séances repoussées, parfois pendant des années. Le problème est que ce moment n'arrive jamais tout à fait. Et pendant ce temps, il n'existe aucune image de vous telle que vous êtes maintenant, à cette période précise de votre vie qui ne reviendra pas.
C'est un peu narcissique, non ?
Faire photographier ses enfants, son mariage ou sa maison ne l'est pas. Se faire photographier soi ne l'est pas davantage. C'est simplement quelque chose qu'on n'a pas l'habitude de faire, et l'inhabituel se déguise souvent en faute morale.
Je n'ai pas de raison particulière.
Il n'en faut aucune. On n'attend pas un anniversaire pour aller chez le coiffeur. L'envie d'avoir enfin de belles images de soi se suffit à elle-même, et c'est même la meilleure des raisons.
Je ne saurai pas quoi faire.
Personne ne sait, et ce n'est pas votre travail de savoir. C'est le mien. Je donne des situations plutôt que des poses, et la question de savoir quoi faire de ses mains se règle dans les dix premières minutes.
Ce qui se passe réellement pendant une séance
Je ne vais pas vous promettre une révélation ni un moment qui change une vie. Ce serait exagéré et vous ne me croiriez pas. Voici plutôt ce que j'observe concrètement, à peu près à chaque fois.
Vous êtes tendue, vous vous excusez par avance d'être nulle en photo, vous riez un peu trop fort. C'est exactement ce que fait tout le monde.
On ne photographie pas. On discute. L'appareil est là mais il ne se passe rien, et c'est fait exprès.
Elles sont raides, et ce n'est pas grave. Je vous les montre quand même, parce que c'est souvent là que le regard change : vous êtes mieux que ce que vous pensiez.
Autour de la vingtième minute. Vous oubliez l'appareil, vous riez pour de vrai, vous arrêtez de contrôler. C'est à partir de là que se font les images que vous garderez.
Presque toutes les personnes disent la même chose en partant : que ça a été beaucoup plus simple et beaucoup plus agréable qu'elles ne l'imaginaient.
Le déroulé complet, minute par minute, est détaillé dans l'article sur le studio de Villeneuve-d'Ascq. Et pour la préparation pratique, tenues et couleurs, l'article sur comment se préparer reprend tout.
Ce que ça change après
Là non plus, pas de promesse démesurée. Voici ce qui revient le plus souvent dans les retours, quelques semaines après.
Vous avez enfin une photo de profilCelle que vous mettez sur LinkedIn, sur votre site, sur vos messageries. Une image que vous assumez et qui vous ressemble, au lieu d'un recadrage d'une photo de mariage vieille de six ans.
Vous vous voyez autrementPas transformée, simplement vue correctement. Beaucoup de femmes découvrent qu'elles ne sont pas du tout ce qu'elles croyaient être en photo, et ce décalage fait du bien.
Il existe quelque chose pour vos prochesUn tirage chez vos parents, une image dans le couloir, une photo que vos enfants regarderont dans vingt ans. Ce n'est pas rien, et cela ne coûte qu'une heure.
Vous vous êtes accordé quelque choseUne heure entièrement pour vous, sans aucune utilité pour personne d'autre. Pour beaucoup, c'est le premier depuis longtemps, et c'est souvent ce qui reste le plus.
Le retour qui revient le plus
Ce n'est pas « les photos sont belles », même si ça fait plaisir. C'est plutôt « je ne pensais pas que ça pouvait être aussi simple ». La crainte était plus lourde que l'expérience elle-même, et c'est vrai à peu près neuf fois sur dix.
Les moments qui appellent une séance
Encore une fois, aucun n'est nécessaire. Mais certains reviennent souvent, et il y a une logique derrière.
- Un anniversaire qui marque une décennie
- Une reconversion ou un nouveau métier
- Le lancement d'une activité à son compte
- Un déménagement, un nouveau chapitre
- La fin d'une longue période difficile
- Une séparation, et l'envie de se retrouver
- Après une grossesse, quand le corps a changé
- Simplement l'envie, sans autre justification
Le point commun de ces moments, c'est qu'ils marquent une transition. On veut garder une trace de qui on est à cet endroit précis du parcours, avant que ça change encore.
Et il y a les séances qui n'ont aucun prétexte, qui sont simplement offertes entre amies ou décidées un matin. Ce sont souvent les plus détendues, précisément parce qu'il n'y a aucun enjeu.
S'offrir ou offrir
Se l'offrir à soi
C'est la démarche la plus courante et la plus simple. Vous décidez, vous réservez, vous venez. Personne n'a besoin d'être au courant, et beaucoup de femmes ne le disent d'ailleurs à personne avant d'avoir les images.
L'offrir à quelqu'un
C'est plus délicat, et il faut le dire franchement. Offrir une séance photo à une personne qui n'aime pas être photographiée peut être reçu comme une maladresse, voire comme un jugement sur son apparence.
Le cadeau fonctionne quand la personne en a déjà exprimé l'envie, ou quand il accompagne une étape qu'elle veut marquer. Il fonctionne mal quand il arrive comme une suggestion déguisée.
Le format qui marche le mieux : offrir la séance sans date imposée, en laissant la personne choisir quand elle se sent prête. Une contrainte de calendrier transforme un cadeau en obligation.
Une idée qui fonctionne bien
La séance à deux, entre amies, entre sœurs, ou avec sa mère. On est moins seule face à l'objectif, on se détend l'une l'autre, et on repart avec des images à deux qui n'existent pratiquement jamais. C'est souvent le meilleur compromis pour quelqu'un que l'idée intimide.
Quand ce n'est pas le bon moment
Je préfère le dire, même si ce n'est pas dans mon intérêt commercial immédiat.
Si vous y allez à reculons. Si l'idée vous angoisse vraiment, que quelqu'un vous pousse et que vous n'en avez pas envie, ce n'est pas le moment. Une séance subie donne des images tendues, et personne n'y gagne.
Si vous en attendez une transformation. Une séance photo produit de belles images de vous. Elle ne règle pas un rapport difficile à son image, et il serait malhonnête de le laisser croire. Elle peut y contribuer, elle ne le remplace pas.
Si vous traversez une période trop dure. Il n'y a aucune urgence. Ces images pourront exister dans six mois ou dans deux ans, et elles seront meilleures si vous êtes disponible pour elles.
En dehors de ces cas, la seule vraie question est de savoir ce qui vous retient. Et le plus souvent, la réponse est simplement qu'on n'y a jamais pensé comme à quelque chose de possible.
Vos questions fréquentes
Aucune. Un anniversaire, une reconversion ou un nouveau chapitre sont de bonnes occasions, mais l'envie d'avoir enfin de belles images de soi suffit largement. C'est même la raison la plus fréquente.
C'est précisément le point de départ de la plupart des femmes qui viennent. Vous jugez votre image sur des selfies et des photos prises par surprise, ce qui n'a rien à voir avec un portrait fait dans de bonnes conditions.
Avec plaisir. Entre amies, entre sœurs, avec sa mère ou sa fille. On est moins seule face à l'objectif, l'ambiance est plus légère, et vous repartez avec des images à deux qui n'existent pratiquement jamais.
Entre une heure et une heure trente. Prévoyez large dans votre journée, sans rendez-vous juste après : une séance qui se termine dans l'urgence perd une partie de ce qu'elle a de bien.
Absolument pas. Vos images vous appartiennent, et rien n'est publié sans votre accord explicite. Certaines femmes les gardent entièrement pour elles, d'autres en font un tirage pour le couloir. Les deux sont parfaitement légitimes.
Oui, à condition de laisser la personne choisir sa date. Et idéalement si elle en a déjà exprimé l'envie : une séance offerte à quelqu'un qui n'aime pas être photographié peut être mal reçue.
En résumé
Il y a des milliers de photos de votre entourage et presque aucune de vous. Ce n'est pas de la modestie ni un hasard : c'est simplement que personne n'a jamais pensé à inverser l'objectif.
Vous n'avez besoin ni d'occasion, ni d'avoir changé quoi que ce soit, ni de savoir poser. Une heure suffit, et la crainte est presque toujours plus lourde que l'expérience elle-même.
Ces images ne sont d'ailleurs pas uniquement pour vous. Elles sont aussi pour ceux qui voudront un jour se rappeler à quoi vous ressembliez, exactement maintenant.
Une heure, rien que pour vous
Écrivez-moi simplement ce qui vous retient. On en parle sans engagement, et vous décidez ensuite.
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