Famille recomposée : que tout le monde ait sa place sur les images
Ce n'est pas plus compliqué, c'est juste plus long à organiser. Voici les combinaisons à prévoir et les points à régler avant.
Une famille recomposée se photographie exactement comme une autre. Ce qui change, ce n'est ni la difficulté ni l'ambiance : c'est le nombre de combinaisons à ne pas oublier.
Dans une famille de deux parents et trois enfants, il y a une poignée d'images évidentes. Dans une famille où chacun arrive avec son histoire, il y en a beaucoup plus, et certaines comptent énormément pour une personne précise sans que personne d'autre y pense sur le moment.
C'est donc surtout un sujet d'organisation. Voici les configurations à prévoir, la question de la composition d'image, et deux points pratiques à régler avant la séance.
Ce qui change réellement
Trois choses, et aucune ne relève de l'ambiance ou du climat familial.
Le nombre de sous-groupesC'est le point central. Là où une famille classique a trois ou quatre configurations à photographier, une famille recomposée en a facilement huit ou dix. Sans liste préparée, on en oublie toujours.
La disponibilité de chacunAvec des gardes alternées, réunir tout le monde au même moment demande d'anticiper plusieurs semaines. C'est souvent la contrainte la plus lourde, bien avant le reste.
Le poids symbolique des imagesUne photographie où toute la famille apparaît ensemble n'est pas neutre. Pour certains, c'est une reconnaissance importante. Pour d'autres, ce peut être un moment plus délicat. Il vaut mieux le savoir que le découvrir pendant la séance.
En dehors de cela, une séance se passe comme n'importe quelle autre, et je ne fais aucune différence dans ma façon de travailler. Les enfants courent, les parents jouent, et ce sont les mêmes images qui ressortent : celles où plus personne ne pense à l'appareil.
Une chose que je précise toujours
Je n'ai besoin de connaître ni votre histoire ni les détails de votre organisation. J'ai seulement besoin de savoir qui vient, quels liens vous voulez voir apparaître dans les images, et s'il y a une sensibilité particulière à respecter. Le reste ne me regarde pas.
Les combinaisons à ne pas oublier
Voici la liste que je prépare systématiquement. Chaque case correspond à une personne, les pleines sont dans le cadre.
Tout le monde
L'image de groupe complète. À faire en début de séance, quand chacun est encore disponible et coiffé.
Le couple
Dix minutes à deux pendant que les enfants jouent. C'est souvent la première photo du couple depuis longtemps.
Chaque parent avec ses enfants
Indispensable, et à faire pour chacun. Ce sont les images que les enfants garderont pour eux, et souvent celles qu'ils encadreront.
Les enfants entre eux
Tous ensemble, sans les adultes. C'est la photographie de leur fratrie telle qu'ils la vivent au quotidien.
Un parent avec tous les enfants
Y compris ceux qui ne sont pas les siens. Une image qui compte souvent beaucoup, et qu'on n'ose pas toujours demander.
Chaque enfant seul
Un vrai portrait individuel de chacun, dans les mêmes conditions. C'est la garantie que personne n'est traité différemment.
La cinquième case est celle qui revient le plus souvent dans les retours. Un adulte photographié avec un enfant qui n'est pas le sien, simplement parce qu'ils s'entendent bien, cela donne des images que personne n'avait anticipées et qui comptent énormément.
Et la sixième mérite une attention particulière. Si chaque enfant a son portrait individuel, dans la même lumière et avec le même soin, la question de l'équilibre ne se pose plus. C'est visible immédiatement quand on regarde la galerie.
Préparez la liste ensemble
Avant la séance, prenez cinq minutes pour lister les configurations qui comptent pour vous. Vous en trouverez sûrement une ou deux auxquelles je n'aurais pas pensé, et cela évite de réaliser le lendemain qu'il manque une image.
La composition de l'image de groupe
C'est un vrai sujet technique, et il est plus important qu'on ne le croit. Sur une photographie de groupe, le placement des personnes raconte quelque chose, que ce soit voulu ou non.
Ce que l'œil perçoit : qui est au centre, qui touche qui, et qui est isolé. Trois informations que le spectateur enregistre en une fraction de seconde, sans y penser.
Les règles que j'applique
- Personne au bord du cadre, seul
- Tout le monde en contact avec quelqu'un
- Les hauteurs variées plutôt qu'un alignement
- Les enfants répartis, pas regroupés par famille d'origine
- Plusieurs compositions différentes
- Une image où les enfants sont au centre
- Pas de symétrie rigide en deux blocs
- Des positions qui changent d'une image à l'autre
Le quatrième point est le plus important. Placer instinctivement chaque parent avec ses propres enfants crée deux blocs séparés dans l'image, et cette séparation se lit immédiatement. Mélanger les positions produit une image d'ensemble plutôt qu'une addition de deux familles.
Le contact physique compte aussi beaucoup. Une main sur une épaule, un bras autour de quelqu'un, des gens appuyés les uns contre les autres. Sur une photographie de groupe, ce sont ces contacts qui disent le lien, bien plus que les sourires.
Faire plusieurs versions
Je réalise systématiquement plusieurs compositions du groupe complet, avec des placements différents. Cela donne le choix ensuite, et cela évite qu'une seule image fige une organisation qui ne conviendrait à personne.
Les enfants qui hésitent
Il arrive qu'un enfant soit réticent, et les raisons peuvent être très diverses. Parfois c'est simplement l'âge, comme pour n'importe quel préadolescent. Parfois c'est autre chose.
La règle est la même dans tous les cas : on ne force pas. Un enfant contraint de poser le fait savoir sur chaque image, et le résultat ne convient à personne.
Ce qui fonctionne
Proposer plutôt qu'imposer. Commencer par les images où il est à l'aise, avec son parent ou avec les autres enfants, et laisser venir le reste. Très souvent, un enfant qui refusait au début demande de lui-même une photo trente minutes plus tard, quand l'ambiance est détendue.
Lui parler directement, aussi, sans passer par les adultes. Lui montrer les images, lui demander son avis, lui proposer de choisir un endroit. Un enfant traité comme une personne plutôt que comme un figurant change complètement d'attitude.
S'il refuse quand même
On fait les images sans lui, sans commentaire et sans que cela devienne un sujet. Et on garde la porte ouverte jusqu'à la fin de la séance. Il n'y a rien de grave à ce qu'une image de groupe manque une fois : il y aura d'autres occasions.
Ce qu'il ne faut pas faire
Insister devant les autres, expliquer devant lui pourquoi il est comme ça, ou lui faire remarquer qu'il gâche la séance. Ces trois réactions transforment une réticence passagère en refus durable, et l'enfant s'en souviendra plus longtemps que des photos.
La logistique du calendrier
C'est souvent la difficulté principale, et elle est purement pratique.
Avec des gardes alternées, les week-ends où tout le monde est présent ne sont pas si nombreux. Il faut donc anticiper plusieurs semaines, parfois plusieurs mois si vous visez une saison précise.
La méthode qui marche
Partez du calendrier de présence plutôt que de vos envies. Identifiez d'abord les deux ou trois week-ends où tout le monde est là dans les trois mois qui viennent, puis regardez lesquels conviennent en termes de saison et de météo probable.
C'est l'inverse de la démarche habituelle, et c'est beaucoup plus efficace que de choisir une date idéale pour découvrir ensuite que deux enfants ne sont pas disponibles.
Une alternative
Si réunir tout le monde est vraiment impossible, on peut faire la séance en deux temps. Les images de groupe complet ne seront pas possibles, mais tout le reste l'est : chaque parent avec ses enfants, les fratries, les portraits individuels, le couple.
Ce n'est pas la solution idéale, mais elle vaut infiniment mieux que de repousser indéfiniment en attendant la date parfaite. Beaucoup de familles ne font jamais de séance pour cette raison.
Deux points à régler avant
La publication des images
C'est le point le plus important et le plus souvent négligé. En France, la publication de l'image d'un enfant mineur relève de l'autorité parentale, qui est généralement exercée en commun par les deux parents, y compris après une séparation.
Concrètement : avant qu'une photographie d'un enfant soit publiée sur un site ou un réseau social, il faut l'accord des deux titulaires de l'autorité parentale. Cela vaut pour la publication par le photographe comme pour la vôtre.
Le plus simple est donc de trancher la question dès la réservation. Si vous n'êtes pas certains d'obtenir cet accord, demandez simplement qu'aucune image ne soit publiée : c'est une option parfaitement normale, et beaucoup de familles la choisissent, recomposées ou non.
Une précision utile
Cela ne concerne que la publication, pas la séance elle-même ni le fait de recevoir les images et de les imprimer pour votre usage privé. En cas de situation juridique particulière, mieux vaut vérifier auprès d'un professionnel du droit plutôt que de s'en remettre à un article de blog.
Ce que vous voulez voir
Le second point est plus simple : dites-moi ce qui compte pour vous. Une image précise que vous avez en tête, un lien que vous voulez absolument voir apparaître, une personne pour qui cette séance a une signification particulière.
Et à l'inverse, s'il y a une sensibilité à ménager, un mot suffit. Je n'ai pas besoin d'explication, seulement de l'information.
Ce qu'on fait des images ensuite
Une particularité qui a son importance : les images ne vivent pas toutes au même endroit.
Prévoyez des tirages pour chaque maison. Un enfant qui a deux domiciles devrait pouvoir retrouver des photographies de lui dans les deux. C'est un détail pratique qui compte beaucoup plus qu'il n'en a l'air.
Donnez à chaque enfant ses propres images. Son portrait individuel, la photo avec ses frères et sœurs, celle avec son parent. Un tirage qui lui appartient, qu'il met où il veut dans sa chambre.
Pensez aux familles élargies. Des mini albums pour les différents grands-parents, avec une sélection adaptée à chacun. C'est un geste simple et il est toujours bien reçu.
Et pour l'album principal, veillez à ce que chaque enfant y apparaisse autant que les autres. C'est une vérification de trois minutes au moment de la sélection, et elle évite un déséquilibre qui se remarquerait des années plus tard.
Vos questions fréquentes
Un peu, à cause du nombre de combinaisons à couvrir. Comptez une heure trente plutôt qu'une heure si vous voulez toutes les configurations, y compris un portrait individuel de chaque enfant.
En mélangeant les positions plutôt qu'en plaçant chaque parent avec ses propres enfants. Deux blocs séparés se lisent immédiatement sur une image, alors qu'une répartition mêlée produit un ensemble.
La publication de l'image d'un mineur relève de l'autorité parentale, généralement exercée en commun. En pratique, le plus simple est de trancher la question à la réservation, quitte à demander qu'aucune image ne soit publiée.
On ne force jamais. On commence par les images où il est à l'aise et on laisse venir. Très souvent, un enfant réticent au début redemande une photo trente minutes plus tard, une fois l'ambiance détendue.
Oui. L'image de groupe complet ne sera pas possible, mais tout le reste l'est. C'est infiniment mieux que de repousser indéfiniment en attendant une date où tout le monde est disponible.
Absolument pas. J'ai seulement besoin de savoir qui vient, quels liens vous voulez voir dans les images, et s'il y a une sensibilité à respecter. Le reste ne me regarde pas.
Une gamme de tons commune avec trois ou quatre nuances différentes, comme pour toute séance famille. Surtout pas des tenues identiques par groupe d'origine, qui recréeraient visuellement la séparation.
En résumé
Ce qui change, c'est le nombre de combinaisons à couvrir. Préparez la liste ensemble avant la séance : le groupe complet, le couple, chaque parent avec ses enfants, les enfants entre eux, chaque adulte avec tous les enfants, et un portrait individuel de chacun.
Sur l'image de groupe, mélangez les positions plutôt que de reconstituer deux blocs, et veillez à ce que chacun soit en contact avec quelqu'un. C'est ce que l'œil lit en premier.
Et réglez la question de la publication dès la réservation, parce que c'est le seul point qui peut vraiment poser problème après coup.
Dites-moi qui vient, on prépare la liste ensemble
Le nombre de personnes, l'âge des enfants, et les images qui comptent pour vous. Avec ça, une séance s'organise très simplement.
Réserver une séance Ou lisez tout ce qu'il faut savoir avant de réserver.